prédiction - préambule Étoile Riante au lieu de Paix sur la colline de sable
Rionnag Gàire an àite Sìth air a’ Chnoc Gainmhich Une étoile joyeuse dans le lieu paisible des dunes de sable Ur steredenn laouen e lec'h sioul an tevennoù traezh Yézekaël
Au temps du Rêve se dessinait les premiers remous des temps à venir Au temps du Rêve vivait sur les terres d’en-haut un homme que l’on nommait Yezekaël. Il habitait l’autre rive. Celle que l’on n’atteint jamais, car il existe des Jardins, des terres inaccessibles, impénétrables et que nulle route ne peut rejoindre…
Lui, l’homme d’En-Haut connaissait l’Histoire, celle des mondes lointains, celle du temps des rêves, celle des terres insoumises car lui YezeKaël, le seigneur généreux possédait le Livre. Sans L il serait ivre chuchotait la terre sèche aux craquements de ses pas.
Ainsi, sur les terres d’en-bas comme celles d’en-haut marchent des hommes et des femmes qui suivent, les yeux grands ouverts, les traces fossiles du temps des rêves. Inlassablement, ils traversent les Jardins ensablés de poussières. Ils décrivent les cercles majestueux sur la ligne de flottaison, imaginant des chemins vers l’avant, obstinément vers quelques points de fuites et de retours, espérant toujours et rêvant encore le temps des rêves. Ils rêvent l’infime mémoire du temps et se hasardent sur le chemin des Exils dessinant de nouveaux cercles, de nouveaux jardins.
A quelques pas de là, aux abords d’un Jardin dessiné qu’on appelle le Jardin des voyages sédentaires, se dresse une colonne torse qui réunit le Haut et le Bas des mondes connus, l’avant et l’après. Mais là aussi, les mondes s’enfoncent et disparaissent dans la tourbière, là aussi les vagues de la mémoire se brisent et se lamentent sur les récifs, là aussi s’effacent les remous du temps.
Mais en serait-il toujours, ainsi ? A l'approche, il est un autre lieu, une terre meuble et prospère où prolifère une herbe riche et abondante. Là, dans quelques villages se réunissent pour la veillée les femmes des contrées d’alentour. Jeunes ou vieilles, elles chantent l’harmonie du paysage, l’éternel commencement du monde et filent la laine de leurs moutons. Elles chantent les gestes du foulage, assises, serrées les unes contre les autres, face à face devant une maîtresse table, l’autel de bois ancestral. Elles tordent les écheveaux de laine puis les relâchent d’un geste fort et saccadé. Elles recommencent, tordent et relâchent à nouveau. Solidaires, elles chantent les gestes appris de leurs mères. Elles frappent, elles tapent de leurs puissantes mains nues le linge humide sur la table-maitresse du temps cyclique, elles roulent et déroulent, frappent et reprennent encore le chant de leurs aïeux.
https://www.youtube.com/watch?v=44EzbAtMIM4 Mo nigh’n donn hò gù Hì rì rì hù lò Mo nigh’n donn hò gù Mo nigh’n donn shònruich mi fhéin thu ann an broad nam ban òg Hì rì rì hù lò Mo nigh’n donn hò gù ‘S bidh mo làmh na do làimh Elles tissent, elles sculptent la laine et les étoffes des vêtements qui aujourd’hui encore nous habillent et nous protègent. Elles célèbrent les mythes. Elles chantent, elles tissent, elles tordent le renoncement sacré de nos peurs. Femmes de paroles fluides, vaines et si fragiles … Aux rythmes de leurs gestes, nous avons embrassé des chimères, des sentiments épars, des images licites, des faisceaux de croyances et leurs chapelets de perles gravées. Nous avons entendu le chant du rosaire que l'on désire dans le frémissement des fougères. Nous avons célébré ce chant de joie et de plainte, de louange et de grâce.
Sur les terres d’En-Haut comme celles d’En-Bas les jours succèdent aux nuits, les lumières aux ténèbres. Sur les terres d’En-Haut comme celles d’En-Bas, les mondes se révèlent entre masques et visages…